Dans la salle du serveur – 9 – Le mot de la fin

small__2925352521Voilà, le MOOC « Le Digital, Vivons-le ensemble », touche à sa fin.

L’animation des séquences s’est achevée le 20 juin.

Le site reste ouvert jusqu’à la fin août. Mais dès le 11 juillet, il ne sera plus possible d’obtenir des badges de connaissances. S’il vous en manque encore quelques-uns, dépêchez-vous ! La page Facebook et le compte Twitter seront également clos à cette date.

Les badges de compétences

Les badges de compétences ont été distribués hier. Nous avons distribué 34 badges, un chiffre modeste certes mais qui correspond à la logique « d’appartement témoin » dans laquelle a été conçu ce MOOC : un espace d’expérimentation à petite – moyenne échelle, qui nous a permis de tester des solutions techniques et pédagogiques innovantes.

L’expérience du badging s’est avérée passionnante. Nous avons encore une fois énormément appris, de la manière dont les candidats se sont emparé des sujets et des tâches qu’ils avaient à accomplir, notamment pour l’évaluation par les pairs. Certains des portfolios déposés forcent l’admiration : complets, précis, organisés, ils donnent à voir des compétences solides. D’autres ne disposaient pas de toutes ces qualités mais dénotaient malgré tout une volonté d’avancer, de s’emparer de cette culture digitale et de ses objets. Là est le plus important, et nous avons déjà des idées pour la suite…

Parmi les candidats ayant obtenu des badges, 8 ont gagné le grand chelem : Un pass’numérique Orange, couronnant l’obtention de 10 badges de connaissances et 3 badges de compétences. De magnifiques parcours, qui prouvent que les Moocs ne sont pas forcément conçus comme de petites promenades digestives, mais parfois comme d’exigeantes courses de fond !

 

Le MOOC, c’est vous…

La salle du serveur va fermer ses portes. Je l’ai dit à de multiples reprises, la force du MOOC DVLE, ce furent ses participants, notamment au niveau de la co-construction des savoirs. En lisant une dernière fois les contributions sur les forums hier, j’ai eu un choc. Dans le forum de la séquence « J’apprends tout au long de ma vie », il y avait cette intervention, qui achèvera mon billet mieux que je ne pourrai le faire.

Merci Serge, merci à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures digitales.

Fondamentalement, il me semble que nous apprenons toute notre vie. Il est possible que nous n’ayons pas la volonté d’apprendre toute notre vie mais notre cerveau emmagasine forcément de nouvelles expériences et utilise ces nouvelles expériences pour réagir aux situations futures.

Plaçons-nous maintenant dans une situation où nous voulons apprendre et nous pratiquons l’apprentissage avec nos pairs. Dans toute vie en groupe, il me semble que la bienveillance (déjà mentionnée par quelqu’un ici) est une clé de la réussite. Tout le monde n’avance pas à la même vitesse. Tout le monde n’a pas les mêmes facultés. Tout le monde n’a pas la même disponibilité, etc… Naturellement, il y a un minimum de choses qui doivent exister pour que l’apprentissage soit possible (savoir lire, être curieux, savoir parler/écrire, être en vie, etc…).

Si on veut parler des limites de l’exercice alors on peut dire qu’on ralentit peut être les plus rapides qui pourraient avancer  de façon plus efficace peut-être. Laisser les meilleurs avancer à leur rythme peut permettre de faire avancer plus vite les connaissances humaines mais ce n’est pas une raison pour laisser tomber les moins rapides qu’il faut emmener à un niveau de connaissance le plus élevé possible. En tout cas, plusieurs expériences humaines sont forcément plus riches que l’expérience d’une seule personne. On peut imaginer que pour débroussailler un sujet, les expériences de plusieurs personnes sont bien plus riches. Pour appliquer un raisonnement complexe sur ces informations, cela peut n’être accessible qu’à quelques individus. Chacun doit apporter au groupe ce dont il est capable. Il n’est pas indispensable de vouloir absolument que tout le monde ait le même niveau de connaissance à la fin de l’exercice. Il faut veiller à amener chacun au niveau qu’il veut et au niveau qu’il peut. Cette attention portée sur chacun pourrait être l’objectif commun du groupe (et on revient à la bienveillance).

photo : Arthur40A via photopin cc

A propos Christine Vaufrey

Directrice de MOOC et Cie : http://mooc-et-cie.com/. Je veille, surveille et expérimente toutes les formes d'apprentissage en ligne.
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6 commentaires pour Dans la salle du serveur – 9 – Le mot de la fin

  1. phdgauthier dit :

    Bonjour Christine,

    Oui, cette expérience du MOOC 3digital, vivons le ensemble » a été pleine d’apprentissages sur nos comportements sociaux d’apprentissage, le rôle de l’entraide, de la bienveillance, de la confiance en l’autre aussi.
    Mais je proteste vigoureusement contre l’absence de mise en valeur durable des badges, qui n’en font que des gadgets temporaires.
    Dans l’enquête Orange sur le MOOC, aucune question n’a été posée sur la conservation et la mise en valeur des badges à long terme, ce qui témoigne de l’irresponsabilité de Orange quand à cette valeur….
    A titre d’exemple, pour sauvegarder des traces de mes badges obtenus, j’ai intégré des images et des copies de pages-écrans dans mon ePortfolio : http://www.phd-gauthier.net/ePortfolioPhDGauthier/Formations/Entrees/2014/4/10_2014_MOOC_ORANGE_Numerique.html
    On peut imaginer ainsi ce que deviendrait mon ePortfolio si je l’enrichissais au fil des années des badges acquis au fil de mes emplois… ou missions, si chacun de mes employeurs validait mes Compétences par des badges acquis par l’expérience, au fil de mon parcours professionnel.

    Mais cette solution n’est pas satisfaisante en l’état.

    Ici, dans ce Mooc DVLE, la valeur des badges sera perdue quand même. Car cette valeur tient à Quatre composantes majeures :
    – l’identité et pour partie la notoriété de celui qui l’attribue, et qui de ce fait engage sa responsabilité éthique, morale et professionnelle et sociétale dans la délivrance du badge. (légitimité du badgeur).
    – La description précise et documenté de la compétence validée (le référentiel, ou de quelle compétence parle -t-on ?)
    – la description du processus de délivrance du badge : comment il a été obtenu, par quel processus d’évaluation ? Cela nécessite une explicitation de la situation, du contexte, des actes posés et de leurs résultats et effets réfléchis par l’acteur / auteur de la compétence, mais aussi du processus critique de l’évaluateur (ses indicateurs, ses critères d’observation, etc..)
    – les preuves ou les dossiers de preuves. (les traces des oeuvres réalisées).

    Ma question est donc la suivante : comment les organisateurs du MOOC Orange vont-il assurer ces quatre composantes, pour que les centaines de badges délivrés, les 34 badges de compétences et les 8 pass »Numérique Orange ne soient pas des gadgets de comptoirs délivrés à des clients de passage ? Gadgets vites oubliés au fond d »un tiroir.

    Car comme dit le Renard dans le « Petit Prince » , tu deviens responsable de ceux que tu apprivoises !
    Orange étant une entreprise responsable sociétalement (référence à sa politique de RSE), elle DOIT mettre en place une plateforme de reconnaissance des badges et/ou fournir le « Kit » de valorisation des badges de façon à ce que le « badgé » puisse l’intégrer de façon valable et valorisante dans son ePortfolio ». (ou en utilisant la plate-forme Mozilla OpenBadges ou une autre).
    Sans cette reconnaissance instituée, engageant la responsabilité sociétale de l’employeur / badgeur, qui fait passer des savoirs faire informels en compétence formelles, tout ce MOOC n’aura été qu’un souffle, et des discours comme celui que tu as retenu à juste titre, ci-dessus, sur nos dynamiques d’apprentissage tout au long de la vie, ne resterons que de vaines discussions.

    Car à notre époque numérique et postmoderne, et comme l’on mis en évidence les philosophes comme Paul Ricoeur, Axel Honneth, Michel Serre, et quelques sociologues comme Cardon, Casili, Aubert, les signes manifestés de RECONNAISSANCE sont devenus nécessaire, existentiels, micro-composantes structurelles pour étayer, pour tenir et soutenir les individus dans la construction de leurs parcours professionnels et citoyens, parcours devenus majoritairement complexes et singuliers.

    J’espère donc que l’équipe du MOOC DVLE fera le petit effort technique complémentaire nécessaire pour tracer et valoriser de façon instituée et durable les badges, et pourquoi pas les badgés :=))

    Pour que le numérique ne rime plus avec l’éphémère, le furtif et l’insaisissable, surtout quand il s’agit de compétences, elles-même éphémères, furtives et si difficiles à « saisir »….
    En toute amitié,
    Philippe

    • Christine Vaufrey dit :

      Bonjour Philippe,
      Merci pour ce long développement sur les badges, leur valorisation et leur capitalisation.
      Inutile de vous dire que nous avons pensé à intégrer Open Badge dès que nous avons commencé à réfléchir aux badges du MOOC DVLE. La participation à Open Badge était même une condition préalable à l’important travail qui a été fourni pour monter un dispositif de badge pertinent et solide. Car je partage, nous partageons (équipe pédagogique DVLE et équipe technique Solerni) absolument toutes vos convictions et observations. Pour résumer, nous sommes tous convaincus que les badges constituent un complément essentiel à la formation classique, pour faire ressortir les spécificités individuelles des parcours professionnels et de formation et valoriser toutes les formes d’apprentissage. A condition bien entendu d’alimenter ces badges avec les 4 éléments que vous avez bien détaillés (description de la compétence, identité du certificateur, conditions d’obtention, dossier de preuves). C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons absolument tout écrit (cahier des charges, grilles d’évaluation, processus d’évaluation) et sauvegardé tous les dossiers des candidats sur la plateforme. Tout est donc prêt pour l’intégration à Open Badges et à la création de badges « riches », fournissant tous ces éléments.
      Oui, mais voilà :
      – Vous le savez, Solerni a été créée sur le coeur de Claroline Connect. Nous avons utilisé pour les badges de DVLE la fonction « évaluation par les pairs » développée par Claroline Connect. Malheureusement, l’articulation entre cette fonctionnalité et Open Badge n’a pas été réalisée dans les délais impartis, à notre très grande déception.
      – Nous avions espéré un temps que les développeurs de Solerni chez OLPS puissent prendre le relai et finaliser ce grand chantier. Ca n’a pas été le cas non plus, dans la mesure où il y a toujours eu plus urgent que ce chantier-là.
      Nous espérons fortement et agissons pour que la V2 de Solerni propose une fonction badge complète, càd connectée avec Open Badge. Je le répète, au niveau pédagogique, tout est prêt pour que les badges obtenus sur DVLE soient enrichis des informations qui leur donneront du sens, et que ce dispositif devienne automatique dès la rentrée.
      Mais honnêtement, nous ne pouvons vous fournir aucune assurance de ce côté.
      Pour cette raison, nous avons décidé de mettre en place une mesure temporaire, comme nous l’avions fait sur ITyPA 2 :
      Chaque personne ayant obtenu un badge de compétences (ou plus !) recevra un « dossier de badge » complet au format pdf comprenant :
      – Le cahier des charges du badge
      – Les modalités d’évaluation par les pairs
      – les grilles d’évaluation
      – Les notes obtenues
      – Son dossier de preuves.

      Chaque « badgé » pourra donc exploiter ce document (transmis par courriel d’ici quelques semaines) comme bon lui semble, le télécharger sur son CV, l’intégrer à son portfolio, ou pas.

      Un message décrivant cette procédure va être envoyé aux détenteurs de badges d’ici la fin de cette semaine. Ce commentaire est une avant-première🙂

      ce n’est pas une solution parfaite, mais meilleur que s’il n’y avait rien. Il était hors de question de laisser les détenteurs des badges partir avec une simple petite vignette🙂

    • phdgauthier dit :

      Bonjour Christine,

      Alors là vous m’épatez :=)). Vous aviez donc parfaitement anticipé les conditions « sociales » de la valorisation des badges (c’est à dire les critères de « Reconnaissance » sociale des badges) qui en font tout l’intérêt en complément des diplômes, dans le projet du MOOC.
      Je comprends très bien les incidents liés au développement, et je trouve que la démarche de compensation proposée est tout a fait acceptable. Merci de votre soutien pertinent dans ce sens.

      Mais si cela vous aide à argumenter vos prochains projets de MOOC, dites au chef de projet informatique qu’il n’a pas été pertinent dans ses choix de priorité : c’est comme s’il avait livré une voiture automobile sans ses 4 roues…. Le « client a pas l’air bête » avec une voiture sans roue livrée par son concessionnaire ? Qui en voudrait ? Quant au concessionnaire, il peut fermer sa boutique….

      Si l’on veut soutenir les apprentissages (numériques ici) tout au long de la vie, il est important que les personnes (apprenants) en comprennent progressivement les bénéfices, notamment en terme de reconnaissance. Le jour ou un collègue dira : « j’ai été embauché sur ce projet parce j’ai prouvé à mon recruteur ma compétence grâce au Badge DVLE ou ITYPA 3 » alors le processus de perception de valeur de ces badges est enclenché…

      En tout cas merci Christine de votre pugnacité pour tenir une solution acceptable sur cette question. je ne vous cache pas que je vais, dès que possible, mettre en valeur mon badge à titre d’exemple, auprès des formateurs, des chefs d’entreprises et managers, et des RH, comme stimulant de la reconnaissance des compétences à partir de l’expérience, et comme composante des portfolios, afin de soutenir des mobilités professionnelles, surtout pour les publics peu diplômés.

      Au plaisir d’une prochaine aventure d’apprentissage partagée !!!
      philippe.

      • Christine Vaufrey dit :

        Disons que les badges sans cette valorisation social, comme vous dites, ne présentent à mes yeux aucun intérêt, ils se réduisent à des sous-diplômes (comme les certificats qu’on obtient sur certains MOOCs !). J’espère que vous avez reçu votre dossier de badge ! Qu’en pensez vous ?

      • phdgauthier dit :

        Bonjour Christine. Merci pour votre réponse. Je n’ai pas reçu le dossier de badge, je ne le trouve pas non plus sur la plate-forme. J’ai peut-être raté un mail, malgré ma vigilance ? Qui serait le contact pour le savoir ? J’imagine que l’équipe du MOOC DVLE est en vacances….
        Bien cordialement
        Philippe

      • Christine Vaufrey dit :

        Oui, l’équipe DVLE est en congés… En fait, depuis le début du mois de juillet il est difficile de réunir tous ceux qui doivent donner leur OK pour l’envoi de ces dossiers, d’où ma crainte de retard et ma question… Je vais me renseigner !

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