MOOC de Culture digitale : faire ou faire faire ? Dans la salle du serveur – 5

salle-serveur-5Emilie, qui travaille chez Orange avec Thierry Laffont, a récemment évoqué Stéphane Diebold, qui se présente notamment sur Linkedin comme un spécialiste de "l’âge du faire". Quelle belle expression ! Au-delà du jeu de mots vraiment bien trouvé, elle souligne parfaitement les enjeux du digital learning : faire plutôt que faire faire.

Faire, construire son propre parcours d’apprentissage sur la toile, en agglomérant et combinant les ressources en ligne, que celles-ci soient livrées "prêtes à l’emploi" ou qu’elles doivent être aménagées, travaillées, polies de manière à faire apparaître leur potentiel d’apprentissage. Et ce potentiel se révèle notamment dans la juxtaposition, la création d’unités de sens, sens d’autant plus puissant qu’il est inattendu, provoqué par le détour et le détournement, la pensée "out of the box". Qu’est-ce qui a statut de ressource, dans cette opération ? A peu près tout. Mais principalement deux choses : les ressources "objectivées" (le fond) et les traces des interactions autour d’un objet partagé (le flux).

Faire, construire son propre MOOC, comme le fait actuellement une équipe pluridisciplinaire de près de 150 personnes (concepteurs et animateurs confondus) chez Orange. Cette équipe est elle-même intégrée à un groupe encore plus vaste mobilisé autour du MOOC.

Social design for social learning : il y a là quelque chose à développer. Louise Merzeau le dit constamment : il n’y a pas de position de surplomb légitime dans l’espace digital. Impossible de le commenter sans y plonger, sans y tracer son propre chemin. Car aucun chemin n’est tracé à l’avance, contrairement à que pourraient nous laisser croire les montagnes de publications commençant par "Les 5 secrets de…", "Les 8 points incontournables pour…" ou encore "Les 10 comptes à suivre sur..". Ces publications sont des leçons d’expérience singulière, pas des raccourcis. Car pour emprunter un raccourci, il faut savoir d’où l’on part et où on veut aller. Or, le monde digital est si foisonnant, si mouvant, que ce qui constituait un chemin sûr et fréquenté un jour n’est plus qu’une friche abandonnée le lendemain. À l’inverse, un espace objet de notre condescendance peut se transformer en "the place to be" en quelques semaines.

Tracer sa propre route, donc. Thierry Laffont s’est longuement expliqué dans une interview publiée sur MOOC francophone sur la dimension collective horizontale du projet Le digital, vivons-le ensemble. 10 équipes de concepteurs (soir 45 personnes effectivement productives) ont travaillé en parallèle sur les 10 séquences du MOOC, avec une méthodologie commune et un accompagnement personnalisé, réalisé par Thierry et moi-même. Des rendez-vous synchrones hebdomadaires, un espace de travail partagé et une communication fluide ont permis d’assurer l’avancée relativement homogène des travaux.

Ces 45 personnes ont ensuite été rejointes par une centaine d’animateurs, modérateurs et community managers, qui se répartissent les tâches d’animation du MOOC (le dispositif d’animation sera évoqué dans un prochain billet). Le nombre de personnes impliquées peut impressionner, ou même laisser croire que nous avons créé un MOOC géant, une sorte de pieuvre capable de s’étendre sur la moitié du web. Il n’en est rien. Le projet a cru de manière organique à mesure que de nouvelles personnes s’y impliquaient, créant en finale une communauté de personnes intéressées par l’expérimentation d’une nouvelle forme d’apprentissage et prêtes à vivre une aventure collective.

Car c’est bien de travail coopératif dont il s’agit, et de communauté. Une communauté constituant un milieu "suffisamment bon" pour qu’éclosent les talents, se développent les énergies et les synergies, pour que se créent les relations porteuses d’action et de résultats.

Il s’agit donc d’un MOOC créé dans l’esprit des MOOCs, du moins de ceux qui mettent en avant la force du collectif ouvert pour construire de nouveaux objets, dans une dynamique d’empowerment.

Il n’est évidemment pas question ici d’affirmer que cette approche est la seule valable. Mais fondamentalement, le produit d’une organisation gagne en légitimité s’il reflète les forces de cette organisation.

Le digital, vivons-le ensemble commence le 31 mars. Pour s’inscrire, c’est ici.

Et pour les commentaires, c’est en-dessous.

Photo originale : cc licensed ( BY ) flickr photo by Alex:http://flickr.com/photos/40987321@N02/5580348753/

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À propos de Christine Vaufrey

Consultante en digital learning et MOOCs, je veille, surveille et expérimente toutes les formes d'apprentissage en ligne.
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